À Madagascar, une unité militaire rallie la contestation et annonce prendre le pouvoir après la destitution du président

Annonce d’un pouvoir provisoire par une unité militaire ralliée à la contestation

Devant le palais présidentiel à Antananarivo, le colonel Randrianirina a déclaré que l’unité prendrait le pouvoir dès aujourd’hui et dissoudrait le Sénat ainsi que la Haute cour constitutionnelle, tout en laissant fonctionner l’Assemblée nationale.

Contexte et réaction du président destitué

Andry Rajoelina, contesté dans la rue et reclus dans un lieu inconnu, avait dissous l’Assemblée peu avant le vote et a dénoncé la destitution comme dépourvue de base légale. Le président en fuite avait écarté toute démission la veille et appelé au respect de la Constitution lors de sa première apparition à l’écran après ce revirement, selon les informations rapportées par les médias.

Selon la radio RFI, Rajoelina a été exfiltré dimanche par un avion militaire français. Il avait accédé au pouvoir pour la première fois en 2009, après un soulèvement populaire.

Construction du mécanisme de transition

Le colonel Randrianirina a expliqué qu’un comité serait mis en place et regrouperait des officiers de l’armée, de la gendarmerie et de la police nationale, avec la possibilité d’inclure des hauts conseillers civils. Ce comité serait chargé d’assurer les fonctions de la présidence et, après quelques jours, d’organiser un gouvernement civil.

Renversement du rapport de force et mobilisation sur le terrain

Cette unité, qui a joué un rôle majeur dans le coup d’État de 2009, a tourné la page du rapport de force en rejoignant les manifestations qui ont démarré le 25 septembre. Ses officiers ont appelé les forces de sécurité à refuser de tirer sur les manifestants et ont ensuite pris part à leurs mouvements dans le centre d’Antananarivo.

Destitution parlementaire et calendrier électoral

130 des 163 députés, soit plus que la majorité des deux tiers nécessaire, ont voté mardi en faveur de la destitution d’Andry Rajoelina. La dissolution de la Haute cour constitutionnelle a été annoncée lors de ce même processus, selon le colonel Randrianirina.

Le président en fuite a annoncé qu’il mènerait plusieurs visites officielles auprès des partenaires régionaux de la SADC, selon les informations disponibles. Conformément à la Constitution, les élections législatives doivent se tenir entre 60 et 90 jours après la dissolution de l’Assemblée.

Perspectives et cadre international

La crise actuelle soulève des questions sur la trajectoire politique à Madagascar et sur les mécanismes de transition que les acteurs régionaux et internationaux observent de près.